L’identité de Monsefú : un traité complet sur l’identité, la résistance culturelle et l’héritage philosophique du Limberg, par Chero Ballena

Centre d’études sur Monsefú | École Pestalozzi
Introduction : L’architecture de l’être Monsefú
Dans le vaste paysage des identités régionales péruviennes, Monsefú se distingue non seulement comme un lieu géographique au sein de la région de Lambayeque, mais aussi comme une construction socioculturelle complexe, un état de conscience et, selon ses penseurs les plus perspicaces, un bastion de résistance à l’homogénéisation mondiale. Ce rapport de recherche vise à explorer, avec rigueur académique et sensibilité poétique, les multiples dimensions de ce que signifie « être de Monsefú ». Il ne s’agit pas simplement d’être né dans la « Cité des Fleurs », mais d’adhérer à une vision du monde héritée, perpétuée par la pratique quotidienne de l’artisanat, une gastronomie rituelle et une foi inébranlable.
L’analyse se concentre essentiellement sur la figure monumentale du professeur Limberg Chero Ballena, architecte intellectuel de l’identité contemporaine de Monsefú. Par sa vie, ses discours et son œuvre majeure, FEXTICUM, Chero Ballena a formulé une philosophie de l’existence qui fusionne le passé ancestral Moche et les exigences du citoyen moderne. Ce document explore les obligations morales et civiques qui incombent au peuple de Monsefú pour préserver cet héritage, en analysant l’histoire, la poésie et la sociologie de la plus importante fête traditionnelle du nord du Pérou. Grâce à un examen minutieux des sources disponibles, la pensée d’un homme qui a compris, avant beaucoup d’autres, que la culture est le seul rempart contre l’oubli est reconstituée.
Chapitre I : L’ontologie de l’identité Monsefú et la métaphore des racines
1.1. La philosophie de l’arbre : une théorie de l’identité
Pour comprendre la profondeur de l’identité de Monsefú, il est essentiel de considérer la métaphore centrale de la pensée de Limberg Chero Ballena : l’analogie de l’arbre. Dans un monde où la modernité liquide tend à déraciner les communautés, Chero Ballena postulait une vision organique de la société. Selon son fils, Limberg Chero Senmache, le maître répétait fréquemment une maxime qui résume toute sa théorie sociologique :« Nous sommes comme des arbres, et si nous voulons être un arbre à grande cime, nous devons avoir de grandes racines. ».1
Cette affirmation n’est pas un simple aphorisme ; c’est une déclaration de principes concernant la viabilité d’une culture au fil du temps.
- Les Racines (Le Passé) :Ils incarnent une connaissance approfondie de l’histoire, de la généalogie et des traditions. Chero avertissait qu’« aimer Monsefú, c’est connaître son présent et son passé ». Ignorer sa propre histoire équivaut à avoir des « racines peu profondes ».
- La Coupe (L’Avenir/Le Succès) :Elle représente le rayonnement de la communauté à l’international, son développement économique et sa reconnaissance mondiale.
- Stabilité:La conclusion logique de Chero était que« Les arbres aux petites racines ne peuvent pas devenir très hauts car ils finissent par tomber. ».1Une communauté qui recherche le progrès économique (une grande réussite) sans renforcer son identité culturelle (les racines) est vouée à s’effondrer aux premières tempêtes de crise ou d’acculturation.
Par conséquent, être originaire de Monsefú implique un « acte d’amour intellectuel ».1Un sentiment viscéral d’appartenance ne suffit pas ; il requiert un effort cognitif, une étude délibérée des origines pour garantir une croissance durable.
1.2. La Terre généreuse et les mains prodigieuses : la poétique du travail
Au sens poétique du terme, l’identité de Monsefú repose sur une relation sacrée et productive avec l’environnement. Limberg Chero Ballena a identifié deux piliers fondamentaux qui sous-tendent la richesse culturelle du district : la nature et l’action humaine.
Dans ses discours, il a souligné que la grandeur de Monsefú réside dans la convergence d’un“terre généreuse”et quelques“mains prodigieuses”.2Cette dualité transforme l’identité en quelque chose de tangible :
- La Terre comme Mère Pourvoyeuse :La vallée de Chuspo n’est pas seulement une terre agricole ; elle est la source d’ingrédients sacrés. C’est la terre qui produit le maïs spécifique pour la « meilleure chicha du monde », la courge loche qui parfume les ragoûts, et la paille et les roseaux qui nourrissent l’artisanat.3
- Les mains comme instrument de culture :L’essence de Monsefú se manifeste dans l’art de la création. Les mains des habitants de Monsefú sont vénérées car elles transforment la matière première en art. Qu’il s’agisse de broder avec des fils d’or et d’argent, de tresser des chapeaux de paille en macora ou de mélanger les ingrédients du pepián, les habitants de Monsefú réinventent quotidiennement leur identité par le travail manuel. Chero Ballena voyait en chaque artisan et agriculteur un gardien de la civilisation Muchik, dont les mains étaient l’instrument de résistance à l’oubli.4
1.3. Résistance à la mondialisation
L’émergence de cette philosophie identitaire n’est pas le fruit du hasard. Au début des années 1970, Limberg Chero Ballena percevait une menace existentielle : la progression du « processus de mondialisation » et d’un « capitalisme ultralibéral » qui commençait à standardiser les comportements humains.3
Chero a observé que dans les grandes métropoles, les signes de « progrès » étaient confondus avec l’imitation des choses étrangères : « s’habiller, marcher, manger… et même parler comme un étranger ».3Dans ce contexte, où la mémoire du passé s’était réduite aux manuscrits des explorateurs espagnols, Chero proposa que l’identité de Monsefú fonctionne comme une « barrière insurmontable ».1Être originaire de Monsefú est donc un acte politique de dissidence culturelle : c’est refuser d’être absorbé par une culture hégémonique insipide, et opter pour une modernité qui ne sacrifie pas l’essence locale.
Chapitre II : L’esthétique de l’identité – « Miss Fexticum » et l’idéal de beauté
2.1. Déconstruire les canons occidentaux
L’une des interventions culturelles les plus marquantes de Chero Ballena, artiste limbourgeoise, fut la redéfinition du concept de beauté à travers la figure de « Miss Fexticum ». En 1974, pour la deuxième édition du concours, Chero écrivit un poème qui en définissait les paramètres, le démarquant radicalement des concours de beauté conventionnels comme « Miss Univers ».5
Le poème commence par une déclaration d’intention négative :« L’élection de Miss FEXTICUM n’est pas un concours de beauté. ».5En niant la primauté de l’esthétique occidentale superficielle, Chero ouvre la voie à une esthétique de l’essence. Être la représentante des femmes de Monsefú ne se résume pas à des mensurations, mais à être…« à la recherche de notre essence »et mettre en valeur les valeurs de“chola chaude”.5
2.2. Analyse textuelle du poème « Señorita Fexticum »
Le poème de Chero Ballena est un document ethnographique en vers qui décrit les caractéristiques physiques et morales définissant la femme idéale de Monsefú. Une analyse détaillée de ses métaphores et de son imagerie suit :
| Verset/Image | Signification culturelle et poétique | Fontaine |
| “Peau de mamey mûre” | Une célébration de la couleur des peaux métissées et cuivrées, en lien direct avec les fruits de la terre, évoquant douceur et maturité. | 5 |
| « Cheveux noirs de jais » | Réaffirmation des traits indigènes/métis face aux idéaux blonds eurocentrés. | 5 |
| « Fil de coton brun » | Référence directe aux textiles ancestraux et au coton indigène, intégrant les femmes à la production artisanale. | 5 |
| “À force de travailler dur, tu ressembles à une fourmi” | La beauté réside dans le travail acharné. Les femmes de Monsefú « ne connaissent pas la fatigue » ; leur valeur réside dans leur capacité à construire et à entretenir leur foyer. | 5 |
| « Ton doux sourire de canne à sucre » | Une autre métaphore agricole qui relie la joie de la femme aux cultures traditionnelles de la région. | 5 |
| “Je me sens comme une chola fière” | Le cœur politique du poème réside dans la réappropriation du terme « chola », non comme une insulte, mais comme un symbole d’honneur et de dignité. | 5 |
2.3. Les femmes comme gardiennes de la tradition
Dans la vision de Chero Ballena, la femme de Monsefú est la gardienne active de la culture. Le poème et la tradition du FEXTICUM exigent que la souveraine soit experte en :
- La danse : “C’est pour mettre en lumière / La danse de sa marinera / Qui, avec grâce et malice / La nuit devient jour”.5La marinera n’est pas seulement une danse, c’est un langage corporel de séduction et d’élégance qu’une femme se doit de maîtriser.
- Gastronomie: « Une femme qui sait cuisiner… Elle est l’incarnation parfaite / D’un ragoût qui est un emblème ».5La transmission du savoir culinaire est fondamentale. Une Señorita Fexticum doit savoir préparer la chicha et les ragoûts ; elle n’est pas une figure ornementale, mais une figure fonctionnelle au sein de l’économie domestique et festive.
- Artisanat : « C’est le tissage sur le métier à tisser / C’est la mise en forme du chapeau ».5La dextérité manuelle est une condition d’identité.
Chapitre III : L’architecte culturel – Vie et pensée de Chero Ballena, de Limberg
3.1. Biographie d’un visionnaire
Limberg Chero Ballena (1945–2018) a joué de multiples rôles : directeur d’école, leader des enseignants, directeur régional du tourisme et, surtout, « l’illustre créateur de Monsefú ».1Sa vie fut marquée par un lien émotionnel et intellectuel profond avec sa patrie. Il décrivait la genèse de ses idées comme suit :« Des inspirations qui ne peuvent naître que lorsqu’un fils est en harmonie avec sa patrie ».3
Son leadership ne se limitait pas à la théorie ; pragmatique, il a su tirer parti de sa position au sein du système éducatif (lors de la réforme des années 1970) pour instaurer des changements structurels dans la perception de la culture locale. Il était convaincu que la salle de classe devait dépasser ses murs et s’ouvrir aux aînés, aux agriculteurs et aux artisans de la communauté.6
3.2. Le modèle du « citoyen du XXIe siècle »
Contrairement à ce que l’on pourrait penser d’un traditionaliste, Chero Ballena n’était pas un ennemi de la modernité. Son projet éducatif et culturel visait à forger un« Un bon citoyen du XXIe siècle, enraciné dans plus de mille ans de culture ».1
Cette vision hybride est essentielle pour comprendre les obligations des habitants de Monsefú aujourd’hui. Chero ne souhaitait pas que Monsefú s’isole du monde (« fermer les frontières de notre district » était pour lui une « erreur »).3Au contraire, il a préconisé l’utilisation de« outils du marché libre »pour protéger la culture. Sa thèse était que l’identité pouvait être économiquement viable ; l’« identité monsefuane » devait devenir une“source de revenus”valorisée par le tourisme culturel et la vente de produits typiques à valeur ajoutée.1
3.3. Innovation et « idées risquées »
Le style de gestion culturelle de Chero se caractérisait par son audace. Lui et son fils décrivent son héritage comme une série de« idées risquées »qui cherchaient à bousculer la complaisance locale et à attirer l’attention extérieure1:
- Foire à la créativité des enfants :Une initiative éducative où des enfants vendaient des plats miniatures à des prix symboliques (0,10 centime). L’objectif était double : enseigner la valeur de l’argent et les notions de microéconomie dès le plus jeune âge, et assurer la transmission intergénérationnelle des recettes traditionnelles.1
- La plus grande omelette de raie du monde :Plus qu’un simple exploit culinaire, il s’agissait d’une brillante manœuvre de marketing territorial qui a mis la gastronomie de Monsefú à la une des journaux, démontrant ainsi la capacité du peuple à s’organiser collectivement.1
- Validation des pratiques de guérison traditionnelles :Il organisa des congrès de guérisseurs, accomplissant l’impossible : réunir des chamans qui se faisaient concurrence. Cela légitima non seulement la médecine traditionnelle, mais attira également l’attention des médias internationaux tels que…National Geographicet la chaîne japonaiseNHK, validant ainsi la culture Muchic aux yeux du monde.1
Chapitre IV : La dimension littérale – Gastronomie, symboles et territoire
4.1. La liturgie gastronomique
Au sens propre, être de Monsefú signifie participer à une liturgie gastronomique aux règles strictes et aux significations profondes. Il ne s’agit pas simplement de manger, mais de communier avec la tradition.
4.1.1. Le protocole Pepián
Le ragoût de dinde est le plat emblématique, mais sa consommation est soumise à des conventions sociales. Limberg Chero a expliqué que« Il ne s’agit pas seulement de manger un ragoût de dinde. »mais plutôt pour comprendre son contexte3:
- Chance:C’est le« le plat formel par excellence »réservé à la célébration d’engagements et de sacrements particuliers : mariages, baptêmes ou alliances avec Dieu.
- Temps:La tradition veut qu’il soit célébré.“après 13h”Si l’événement a lieu plus tôt, hornado ou fiambre conviennent. Ne pas respecter cette règle temporelle témoigne d’une méconnaissance de l’étiquette de Monsefú.
4.1.2. Chicha et Vers
La chicha de Monsefú est célèbre, mais Chero Ballena insistait sur le fait que sa valeur résidait non seulement dans sa saveur, mais aussi dans la tradition orale qui l’accompagne.« Il ne s’agissait pas seulement de vendre un verre de la meilleure chicha du monde, il s’agissait d’avoir un petit texte explicatif à côté qui présente les caractéristiques de cette potion désaltérante. ».3Cette boisson est indissociable de la poésie populaire, des cumananas et des toasts spirituels. Elle est un vecteur de communication sociale.
4.1.3. Le pain comme résistance
Le pain Monsefú (marraqueta, pain au beurre) est un autre pilier de l’identité locale. Durant la crise de la COVID-19, cet élément a pris une dimension héroïque. Lors du Fexticum Virtual 2020, la préparation du pain à partir d’ingrédients locaux a été mise en avant, symbolisant la « lutte » et transformant la boulangerie en un acte de résilience communautaire face à l’adversité.7
4.2. L’Arche de l’Amitié : Le Seuil Sacré
L’identité de Monsefú se manifeste physiquement de façon monumentale : l’Arc de l’Amitié.
- Histoire:La séance inaugurale pour sa construction s’est tenue le 26 octobre 1987, commémorant le 99e anniversaire de l’élévation de Monsefú au rang de ville. Sa construction a finalement débuté en 1988, sous le patronage du Dr Guillermo Baca Aguinaga.8
- Symbolisme:Cette arche n’est pas qu’un simple édifice accueillant ; elle constitue une frontière symbolique. En la franchissant, le visiteur pénètre sur un territoire régi par les lois de l’hospitalité de Monsefú. Elle symbolise concrètement l’ouverture de la ville aux étrangers, conformément à la vision de Chero qui consistait à témoigner d’une « considération particulière envers le visiteur ».3
- Validité:Son importance est telle que, lors des récentes célébrations du jubilé d’or de FEXTICUM, les artisans de l’atelier « Broder avec identité » ont immortalisé l’Arc sur une nappe géante brodée à la main, avec la figure de Limberg Chero, réaffirmant ainsi son statut d’icône inamovible de la ville.4
Chapitre V : FEXTICUM – Genèse, évolution et obligation de préserver
5.1. La naissance d’un rempart (1973)
FEXTICUM (Foire culturelle typique de Monsefú) n’est pas apparue par hasard. Elle est le fruit d’une démarche culturelle délibérée. L’idée a germé en 1973, dans un contexte où les éducateurs cherchaient à renforcer les liens entre l’école et la communauté.
L’idée, selon les documents historiques, trouve son origine dans une conversation entre les directeurs des écoles primaires et le promoteur de l’OBE du district scolaire n° 4, M. Limberg Chero Ballena. Pour concrétiser ce projet, Chero a sollicité le soutien du maire de l’époque.Monsieur Oscar Salazar ChafloqueCe groupe fondateur a été rejoint par des personnalités clés telles queMme McCarthy Olga Rodriguez de Soto, le pèreTerry Thompson(représentant la congrégation canadienne) et leSr. José Senmache.8
La première édition a eu lieu le29 juillet 1973Bien qu’elle n’ait duré qu’une journée, cette fête a jeté les bases de ce qui allait devenir le plus grand festival traditionnel du nord. Son nom, FEXTICUM, était une création intellectuelle de Chero, qui jouait avec les mots « foire », « expositions », « typique », « culturel » et « Monsefú » jusqu’à trouver l’acronyme parfait, porteur d’un héritage.3
5.2. L’obligation de préserver : « Un obstacle insurmontable »
La préservation de FEXTICUM n’est pas une question de divertissement, mais de survie culturelle. Limberg Chero a conçu la foire avec un objectif stratégique clair : en faire un événement incontournable.« barrière insurmontable »face à la mondialisation.1
L’obligation qui incombe aujourd’hui aux habitants de Monsefú est double :
- Préserver l’authenticité :La foire a été créée pour préserver les traditions. Si FEXTICUM devient une foire commerciale impersonnelle et sans âme, elle aura échoué dans sa mission fondatrice. Il est impératif que les expressions culturelles uniques et authentiques (gastronomie, musique, artisanat) continuent d’être mises en valeur.3
- L’adaptation sans la résignation :L’histoire de la foire montre qu’elle doit évoluer. D’un événement d’une journée, elle est devenue une saison qui dure près d’un mois en juillet.10La plus grande leçon de préservation a eu lieu en 2020, lorsque, face à la pandémie, la communauté organisée par Limberg Chero Senmache (fils du fondateur) a lancé leFESTIVAL virtuelLoin d’annuler les festivités, ils les ont adaptées aux plateformes numériques, organisant des messes, des concours et des sorties musicales en ligne.7Cette capacité d’adaptation est la véritable « obligation » : trouver de nouvelles façons de célébrer l’ancien.
5.3. Impact socio-économique et culturel
FEXTICUM s’est révélé être le moteur de développement dont Chero rêvait.
- Impact économique :Elle est devenue une source de revenus essentielle pour les artisans et les cuisiniers, concrétisant ainsi la vision de faire de la culture un atout durable.1
- Projection:La foire place Monsefú dans une position favorable.« aux yeux du Pérou et du monde » 13attirant des milliers de visiteurs (150 000 étaient prévus pour les éditions récentes).10
- Cohésion sociale :C’est la période de l’année où la communauté réaffirme son contrat social. La participation des écoles, des associations et des quartiers aux défilés et aux compétitions renforce le tissu social.
Chapitre VI : La dimension spirituelle – Jésus de Nazareth, captif
6.1. La foi comme fondement de l’identité
On ne peut parler de Monsefú sans mentionner son fondement spirituel : la dévotion àJésus le Nazaréen captifCette foi n’est pas parallèle à l’identité culturelle ; elle lui est intrinsèque. Le saint patron structure le temps et l’espace de la ville.
6.2. La légende fondatrice
L’histoire de l’arrivée de l’image confère à Monsefú le statut de « peuple élu ». La tradition raconte qu’une caisse contenant l’image fut déposée sur les plages entre Santa Rosa et Pimentel. Par la volonté divine, l’image parvint à destination finale à Monsefú, accomplissant ainsi une prophétie locale (annoncée par la femme de la Huaca de Oro).9Ce récit mythique renforce le sentiment de destin et de protection divine qui plane sur la ville.
6.3. Le calendrier dévotionnel
La vie de l’homme de Monsefú s’articule autour de deux moments liturgiques clés associés au Captif :
- La fête de mi-année (mars) :Une célébration qui marque le rythme semestriel de la foi.
- La fête principale (septembre) : événement central, comprenant des défilés et des processions massives, où la foi déborde dans les rues.14
Ces festivités sont intimement liées au FEXTICUM (juillet), créant un cycle annuel où le sacré et le profane (la foire) se complètent pour célébrer la vie à Monsefú. Les confréries, telles que celle de Jésus de Nazareth, jouent un rôle crucial dans l’organisation sociale, en étroite collaboration avec les autorités civiles et culturelles.<sup>11</sup>
Conclusions : Le mandat des fils de Monsefú
Au terme de cette enquête approfondie, il apparaît clairement qu’appartenir à Monsefú est une responsabilité historique. « L’identité Monsefú » est un patrimoine immatériel bâti avec intelligence, poésie et labeur.
- La beauté de l’être selon Monsefú :Elle réside dans l’appartenance à une communauté qui n’a pas oublié son nom. C’est beau de se savoir l’héritier d’une tradition qui transforme la paille en chapeaux d’or, l’argile en art, et qui fait de la nourriture un acte d’amour. C’est la beauté d’avoir des racines profondes qui permettent de résister aux vents de l’histoire.
- L’obligation de préserver :La dette envers Limberg Chero Ballena et les fondateurs est immense. Il incombe aux nouvelles générations de faire vivre FEXTICUM, non comme une relique, mais comme un organisme vivant. Elles doivent résister à la tentation de transformer la foire en un simple événement commercial et s’efforcer de préserver la pureté de ses expositions culturelles.
- L’avenir :Monsefú doit relever le défi de rester un modèle de petite ville capable de s’intégrer au monde globalisé sans perdre son âme. Comme l’enseignait Maestro Chero, l’objectif est d’être des citoyens du XXIe siècle, modernes et compétitifs, mais le cœur profondément enraciné dans la vallée de Chuspo, sous le regard bienveillant du Nazaréen captif.
La préservation de FEXTICUM et de l’identité de Monsefú est, en fin de compte, un acte d’affirmation de la vie. C’est clamer haut et fort au monde, année après année, que la culture Muchik est toujours vivante, vibrante et créatrice grâce au talent prodigieux de ses enfants.
Tableau récapitulatif : Étapes et concepts de l’identité Monsefú
| Catégorie | Élément/Concept | Signification dans la vision du monde de Chero Ballena | Fontaine |
| Philosophie | Métaphore de l’arbre | Il faut des racines profondes (l’histoire) pour soutenir une grande coupe (le progrès). | 1 |
| Événement | FESTIVAL(1973) | Un obstacle insurmontable contre la mondialisation et la perte de mémoire. | 1 |
| Esthétique | Mademoiselle Fexticum | Antithèse des concours de beauté ; appréciation de la femme travailleuse et de la « chola ». | 5 |
| Symbole physique | Arche de l’Amitié | Seuil de bienvenue et symbole de la ville (Ouvert en 1988). | 8 |
| Spiritualité | Jésus le Nazaréen captif | Patron et protecteur ; symbole de l’élection divine du peuple. | 9 |
| Gastronomie | Pepián et Chicha | Des éléments rituels qui requièrent étiquette, temps et poésie pour être consommés. | 3 |
| Pédagogie | Idées risquées | Stratégies innovantes (fête foraine pour enfants, tortilla géante) pour enseigner et diffuser la culture. | 1 |
Ouvrages cités
- CRÉATEUR ILLUSTRATIF DE MONSEFU : LA BALEINE CHÉRIE DU LIMBERG – Expression Weekly, consulté le 5 janvier.https://www.semanarioexpresion.com/Presentacion/noticia2.php?noticia=1031&categoria=Regional&edicionbuscada=1126
- Fexticum. Hommage à Don Limberg Chero Ballena. – YouTube, consulté le 5 janvier 2026https://www.youtube.com/watch?v=XnT31ACXxS8
- FEXTICUM, 40 ans – Entretien avec le professeur Limberg Chero Ballena (28 …, date d’accès : 5 janvier 2026,http://www.fexticum.org.pe/2022/07/fexticum-40-anos-entrevista-al-prof.html
- Broderie identitaire : des enfants et des artisans confectionnent une nappe géante à Monsefú – ANDINA, consulté le 5 janvier 2026https://andina.pe/agencia/noticia-bordando-identidad-ninos-y-artesanas-confeccionan-mantel-gigante-monsefu-886295.aspx
- Poème Miss Fexticum – Limberg Chero Ballena (Monsefú, 1974), date d’accès : 5 janvier 2026,http://www.fexticum.org.pe/2023/07/poema-senorita-fexticum-limberg-chero.html
- FARKAM 2020 : Renforcer l’art et la culture ancestraux de Monsefú | PDF – Scribd, consulté le 5 janvier 2026https://es.scribd.com/document/531926676/FARKAM-202O-Fortalecimiento-del-arte-y-cultura-ancestral-de-Monsefu
- Fexticum virtuel 2020, date d’accès : 5 janvier 2026,http://www.fexticum.org.pe/2023/11/fexticum-virtual-2020.html
- Faculté des sciences sociales, École supérieure de tourisme – Université nationale de Trujillo, date de consultation : 5 janvier 2026https://dspace.unitru.edu.pe/bitstreams/9e037702-00a3-474b-bf99-87ca379c60f0/download
- Monographie sur l’identité socio-historique de Monsefu | PDF – Scribd, consulté le 5 janvier 2026https://www.scribd.com/document/774485626/Monografia-Sobre-Identidad-Sociohistorica-de-Monsefu
- Origines de FEXTICUM, consulté le 5 janvier 2026.http://www.fexticum.org.pe/2024/06/origins-of-fexticum.html
- PROGRAMME FEXTICUM 2023 – 50E ANNIVERSAIRE, date d’accès : 5 janvier 2026http://www.fexticum.org.pe/2023/07/programa-del-fexticum-2023-bodas-de-oro.html
- Marinera “Señorita FEXTICUM” – Limberg Chero Ballena (Première 2020) – YouTube, consulté le 5 janvier 2026https://www.youtube.com/watch?v=afwhDxmPyPQ
- Monsefú est sous les feux des projecteurs au Pérou et dans le monde : Fexticum 2015 – Expresión Weekly, consulté le 5 janvier 2026http://semanarioexpresion.com/Presentacion/noticia1.php?noticia=3629&edicionbuscada=921
- 12-08 5e FMF Import Identité culturelle et sociale de Monsefu | PDF – Scribd, consulté le 5 janvier 2026.https://es.scribd.com/document/903923448/12-08-5E-FMF-IMPORT-IDENTIDAD-CULTURAL-Y-SOCIAL-DE-MONSEFU