Triptyque hommage aux morts du tremblement de terre de janvier 2010 à Haïti, du livre inédit l’excès noir

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ESPACES AUX AGUETS
(1)


il dit, le monde crache nuit à la nuit, des morts

qui jamais n’ont été excités

par l’azur

la partie se joue, accepte

l’aveuglante

lune en face

oui, la blessure grandit

la nourriture terrestre : les buissons de l’obscur

la terreur

la terreur

que la nuit aussi crache



le temps, le sable

du désespoir

que la nuit aussi crache.



ESPACES AUX AGUETS (2)


il dit, la transparence du monde est sombre

le monde a un centre où il n’y a pas de centre

où la nuit crache nuit à la nuit, des morts

qui jamais n’ont été rythmés par l’azur

il dit

ne t’obliges pas à condamner

le désespoir

il est dedans.




ESPACES AUX AGUETS (3)


il dit

ombreuse étendue

c’est l’étendue du dedans



radieuse cascade la lumière

mais elle se derobe dans l’obscure goutte de rosée

il dit le monde, mer démontée

continuer avec l’infinie appétence

non avec l’infinie désesperance

il dit

oui, le monde doit continuer

à être un éblouissement

il dit

il faut faire quelque chose

de nos cris insaisissables.


Carlos Henderson (Lima, 1940). Desde 1992 radica en París. Ha sido profesor de la UNMSM y también en la Universidad Jules Vernes de Amiens, Francia. Poemarios: Los días hostiles (1965), Ahora mismo hablaba contigo Vallejo (1976), En el pasado venía numerosa como un río (1980); Identidad (1988), Del que dijo no en el inicio (1990). Como crítico ha publicado: Estudios sobre la poética de Rayuela (1995), La poética de la poesía póstuma de Vallejo (2000).
En 2005, Carlos Henderson ha sido incorporado a la Academia Mallarmé y al Pen Club de Francia.